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   Paris, le 4 avril 2008

Le baromètre de confiance de l'exécutif


 

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L'analyse de Stéphane Rozes

Fiche Technique :

Baromètre exclusif CSA / i>TELE / LE PARISIEN / AUJOURD'HUI EN FRANCE réalisé par téléphone les 1er, 2 et 3 avril 2008 au domicile des personnes interviewées.
Echantillon national représentatif de 1003 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et taille d'agglomération.



Pour plus d'informations:
Jean-Daniel Lévy
Directeur du Département Politique-Opinion de CSA
E-mail :

CSA
2, rue de Choiseul CS 70215 - 75086 Paris Cedex 02
Tél. 01 44 94 59 10 / 11
Fax. 01 44 94 40 01

- Baromètre CSA / i>TELE /
LE PARISIEN / AUJOURD'HUI EN FRANCE -




LA CONFIANCE DANS LE
PRÉSIDENT NICOLAS SARKOZY


QUESTION : Faites-vous confiance ou pas confiance au président de la République, Nicolas SARKOZY, pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays ?

  Avril
2008
%
Rappel
Mars.
2008
%
  Evolution Mars. 2008 / Avril 2008
 - Confiance 40 38   +2
 - Pas confiance 54 59   -5
- Ne se prononcent pas 6 3   +3
TOTAL   100 100    
Indice de confiance(*) -14 -21    

(*) Cet indice a été calculé en soustrayant la proportion de réponses « ne font pas confiance à Nicolas Sarkozy  » à la proportion de réponses « font confiance à Nicolas Sarkozy  ».



LA CONFIANCE DANS LE
PREMIER MINISTRE FRANÇOIS FILLON


QUESTION : Faites-vous confiance ou pas confiance au Premier ministre, François FILLON, pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays ?

  Avril
2008
%
Rappel
Mars.
2008
%
  Evolution Mars. 2008 / Avril 2008
 - Confiance 50 55   -5
 - Pas confiance 44 32   +12
- Ne se prononcent pas 6 13   -7
TOTAL   100 100    
Indice de confiance(*) +6 +23    

(*) Cet indice a été calculé en soustrayant la proportion de réponses « ne font pas confiance à François Fillon  » à la proportion de réponses « font confiance à François Fillon  »

 

L'ÉVOLUTION DE LA CONFIANCE DANS LE PRÉSIDENT NICOLAS SARKOZY



NICOLAS SARKOZY
Avril
2008
NICOLAS SARKOZY
Mars
2008
NICOLAS SARKOZY
Fév.
2008
NICOLAS SARKOZY
Janv.
2008
NICOLAS SARKOZY
Déc.
2007
NICOLAS SARKOZY
Nov.
2007
NICOLAS SARKOZY
Oct.
2007
NICOLAS SARKOZY
Sept.
2007
NICOLAS SARKOZY
Août
2007
NICOLAS SARKOZY
Juillet
2007
  % % % % % % % % % %
 Confiance 40 38 42 48 55 51 56 55 61 65
 Pas confiance 54 59 52 45 38 40 38 37 33 29
NSPP 6 3 6 7 7 9 6 8 6 6
Total  100 100 100 100 100 100 100 100 100 100
Indice (*)
de confiance
-14 -21 -10 +3 +17 +11 +18 +18 +28 +36

(*) Cet indice a été calculé en soustrayant la proportion de réponses « ne font pas confiance à Nicolas Sarkozy » à la proportion de réponses « font confiance à Nicolas Sarkozy »

 

L'ÉVOLUTION DE LA CONFIANCE DANS LE PREMIER MINISTRE FRANÇOIS FILLON



FRANÇOIS FILLON
Avril
2008
FRANÇOIS FILLON
Mars
2008
FRANÇOIS FILLON
Fév.
2008
FRANÇOIS FILLON
Janv.
2008
FRANÇOIS FILLON
Déc.
2007
FRANÇOIS FILLON
Nov.
2007
FRANÇOIS FILLON
Oct.
2007
FRANÇOIS FILLON
Sept.
2007
FRANÇOIS FILLON
Août
2007
FRANÇOIS FILLON
Juillet
2007
  % % % % % % % % % %
 Confiance 50 55 47 42 45 41 44 47 53 56
 Pas confiance 44 32 36 39 39 43 43 41 39 34
NSPP 6 13 17 19 16 16 13 12 8 10
Total  100 100 100 100 100 100 100 100 100 100
Indice (*)
de confiance
+6 +23 +11 +3 +6 -2 +1 +6 +14 +22

(*) Cet indice a été calculé en soustrayant la proportion de réponses « ne font pas confiance à François Fillon » à la proportion de réponses « font confiance à François Fillon »

 


ÉVOLUTION DE LA CONFIANCE À L'ÉGARD
DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET DU PREMIER MINISTRE

% de réponses "Confiance"

 
 


 

Sarkozy bénéficie de son nouveau style, Fillon pâtit du débat sur la « rigueur ».

A l'issue des municipales, le couple exécutif semble, dans sa relation aux Français, être revenu à une répartition plus classique des rôles. Le Président était jusque là en première ligne pour réformer le pays sur la base de son projet présidentiel, son premier ministre étant chargé de le mettre en œuvre. Durant les premiers mois de son mandat, le Président était populaire et la confiance du Premier ministre y était indexée.
A partir de début janvier, la conjonction entre d'une part, l'esquive de Nicolas Sarkozy sur le « pouvoir d'achat », qui  a eu pour effet d'entamer la cohérence de son projet présidentiel, et d'autre part, la surexposition de sa vie privée, qui a fragilisé la nécessaire symbolique présidentielle, a entraîné la chute de sa cote de confiance.
Lors de sa conférence de presse de rentrée, ses propos : « les caisses sont vides » et « avec Carla c'est du sérieux » accroissent la défiance. Le pays utilise alors François Fillon comme messager pour appeler le Président à plus de constance sur le fond de sa politique et de retenue sur le style présidentiel.
Les abstentionnistes des élections municipales et cantonales, qui avaient voté Nicolas Sarkozy à la présidentielle, issus des catégories populaires et des franges âgées de la population, enverront un nouveau message au Président en faisant basculer nombre de villes et de départements à gauche.

Le Président, en remontant de 38% à 40%, rompt avec un cycle de défiance. Cette remontée d'avril est le signe que les Français ont perçu les changements opérés par Nicolas Sarkozy dans le style présidentiel. Plusieurs épisodes récents témoignent en effet de l'adoption d'un style plus sobre, recentré, et jugé plus en accord avec la fonction présidentielle : les hommages nationaux au dernier poilu et à la Résistance au plateau des Glières, mais aussi le voyage en Angleterre avec Carla Bruni-Sarkozy. Ce changement est surtout repéré et apprécié dans les catégories les plus diplômées (+10 points ) et les classes moyennes (+6) tandis que les catégories populaires(-4) pourraient y voir un risque d'éloignement présidentiel.

Dans le même temps, le Premier ministre baisse de 5 points en passant de 55% à 50% de confiance. D'une part, François Fillon a moins de raison d'être instrumentalisé par une partie de l'Opinion, puisque le Président commence à donner des signes de réceptivité et d'autre part, il pâtit de son exposition sur la politique lors de cet après- municipales.

François Fillon a en effet dû défendre le renforcement de la présence française en Afghanistan désapprouvée par l'Opinion, mais surtout porter ses « mesures d'économie » de 6 à 7 milliards d'euros en  assumant les inquiétudes sur le R .S.A , les suppressions de postes des fonctionnaires, la perspective de nouveaux efforts sur les retraites.... Cela explique que le Premier ministre recule de 16 points parmi les catégories populaires, contre seulement 2 parmi les classes moyennes.

On sent bien que le retour à une répartition classique des rôles dans la Vème République, qui préserve le Président en l'autonomisant du quotidien et expose le Premier ministre sur l'économique et le social, peut rétablir partiellement la confiance des Français envers le Président mais ne permettra pas des réformes d'ampleur. C'est bien Nicolas Sarkozy qui est attendu par le pays sur le fond de sa politique.

 

Stéphane ROZES
Directeur Général de CSA
Directeur du Pôle opinion, image et stratégies
Maître de conférences à Sciences Po Paris